Le virus FeLV
Le virus de la leucémie féline (FeLV, ,feline leukuemiu virus) est un rétrovirus (sousfamille
des Oncornavirinae, c’est-à-dire virus oncogènes à ARN). C’est un virus enveloppé.
Deux de ses protéines ont une importance particulière : la glycoprotéine
d’enveloppe gp70 (de 70 kilodaltons) et la protéine p27, protéine de la nucléocapside (de
27 kilodaltons).
La gp70 est responsable des phénomènes de reconnaissance membranaire entre le virus et la surface des cellules qu’il infecte : il s’agit d’une reconnaissance spécifique entre récepteurs cellulaires et certaines parties de la gp70.
La protéine p27 est une protéine qui est produite en excès lors de la multiplication active du virus dans l’organisme : on la retrouve à l’état libre dans le sang, où elle est classiquement détéctée par les tests ELISA
du commerce (on parle d’antigénémie).
Le FeLV infecte les cellules de la lignée blanche en particulier. Après adsorption du virion sur la membrane, I’ARN et la transcriptase inverse sont en quelque sorte injectés dans le cytoplasme de la cellule : I’ARN y est transcrit de façon réverse en ADN qui se duplique pour s’intégrer dans son génome.
A ce stade, le virus se nomme provirus, et toutes les cellules félines de la cellule infectée seront elles-mêmes infectées. Après un laps de temps plus ou moins longs (latence), le provirus va s’exprimer et la cellule va produire, par bourgeonnement, de nouveaux virions capables d’infecter d’autres cellules.
C’est aussi à ce stade que la P27, produite en excès, se retrouve dans le sang.
Le FeLV existe sous forme de 3 sous-groupes différents : A. B et C. Cc ne sont pas des sérotypes, et le seul moyen de les différencier est de faire un test d'interférence viral in vitro.
Seul le sous-groupe A est infectieux. Il est remarquablement stable sur le plan antigénique.
En particulier, la séquence de la gp70 est toujours la même d’un isolat à l’autre.
Les différents sous-groupes de type B apparaissent à la suite de recombinaison du provirus A avec des séquences endogènea de FeLV.
Ces séquences endogèncs sont normalement présentes dens le génome de tous les chats et correspondent à des virus apparentés
au FeLV qui sont devenus détectifs, c’est-à-dire incapables de se multiplier, au cours de l’évolution.
Les FeLV de type B difféent du type A par la séquence en acides aminés de leur gp’/O. II y a de très nombreuses possibilités de recombinaisons entre le provirus du type A et les séquences endogènes de FeLV, donnant pratiquement un sous-groupe B différent par chat infecté, lorsqu’il y a reconbinaison.
On isole le sous-groupe A dans 100% des cas d’infection et les sous-groupes A ct B dans 50% des cas.
C’est également par recombinaison, mais avec des oncogènes du génome félin cette fois-ci, que le provirus A peut déclencher l’apparition de tumeurs (leucémie).
Enfin, pour être précis, il faut aussi citer les sous-groupa C. Eux aussi diffèrent du sous-groupe A par la séquence d’acides aminés dc la gp70, Ils apparaissent, non par recombinaison avec le génome félin, mais par mutation.
On ne les isole que dans 1% des
cas d’infection, toujours en association avec le type A.
II faut donc retenir que
seul le FeLVA est infectieux.
Sur le plan de la pathogénie, on doit retenir qu’après une phase d’invasion accompagnée d’une multiplication locale à la porte d‘entrée(amygdales), puis d’une virémie par portage intracellulaire, les organes lymphoïdes plus profonds,ainsi que la moelle osseuse sont atteints, ce qui entraîne une très forte virémie (d’origine médullaire) : le virus est
alors libre dans le sang et peut coloniser tout l’organisme.
On le retrouve dans toutes les sécrétions et excrétions du chat.
De façon naturelle,
40% des chats se débarrassent du virus de façon précoce, au stade
de virémie intracellulaire (et ne manifestent donc qu’une virémie transitoire).
30% des chats deviennent porteurs latents (provirus intégré dans le génome, pas de virémie, pas
d’antigénémie).
30% développent une virémie persistante, laquelle évolue ensuite vers les
pathologies (tumeurs, immunodéficience) et
80% des chats virémiques persistants meurent
dans les 3 ans suivant l’infection.****************Il existe à ce jour un vaccin contre la leucose. Si votre chat est sain, n'oubliez pas de le vacciner.
Conception du Vaccin LEUCOGEN
II paraissait donc logique de s’intéresser au sous-groupe de type A pour le développement d’un vaccin. La grande difficulté a été d’isoler la séquence nucléotidique codant pour la gp70 du sous- groupe A.
En effet, il fallait travailler sur le provirus, c’est-à-dire sur le
virus à l’état intégré, car le virus est trop fragile. Or, les cellules félines sont pourvues de très nombreuses séquences endogènes qui ont grandement compliqué la tâche. La séquence isolée, il a été plus simple de l’intégrer à un plasmide.
Le plasmide introduit dans
E. coli a permis d’obtenir une bactérie recombinante capable de synthétiser le squelette protéique de la gp70 (E. coli ne glycosyle pas les protéines). On la nomme p45 (45 kilodaltons).
Cette protéine, extraite d’E. coli et purifiée, est mélangée à un sytème de deux adjuvants de l’immunité : l’hydroxyde d’aluminium et une fraction purifiée du Quil A.
Le mélange a donné toutes satisfactions sur le plan de l’efficacité et de la sécurité.
Efficacité
Six essais de laboratoire avec épreuve virulente ont tous donnés des résultats au moins statistiquement significatifs et en général très hautement significatifs.
Ces essais ont été réalisé sur chats EOPS. L’épreuve virulente a été très
sévère puisque en moyenne 75% des témoins ont été infectés de façon persistante par le virus d’épreuve (contre 30% dans les conditions naturelles).
Sur le terrain, sur plus de 100 chats vivant dans des conditions diverses (80% d’entre
eux en refuge), on a obtenu une séroconversion dans 95% des cas (apparition d’anticorps chez les animaux sans anticorps) et tous les chats p27 négatifs sont restés p27 négatifs tout au long de l’étude qui a duré plus d’un an.
L’innocuité du vaccin est due a sa parfaite pureté chimique : protéine p45, hydroxyde d’aluminium et Quil A purifié.
Cette innocuité a été vérifiée aussi bien au laboratoire que sur le terrain.
Au laboratoire, les essais ont porté sur 89 chats ayant reçu 2 ou 3 doses successives par voie sous-cutanée ou intramusculaire. Durant la période d’observation (2 à 15 semaines),
les paramètres suivants ont été étudiés : poids vif, symptômes locaux et généraux, température rectale et réultats hématologiques.
II n’y a pas eu de différence avec les groupes témoins d’animaux non vaccinés du même âge.
Sur le terrain, plus de 1000 chats de propriétaires ont été étudiés. Ils ont reçu 2 injections successives à 2-3 semaines d’intervalle, soit par voie sous-cutanée, soit par voie intramusculaire.
Sur l’ensemble des injections, 3,8% ont été suivies d’un court épisode
fébrile et/ou d’anorexie et 1,4% de l’apparition d’un nodule au point d’injection. Les autres réactions furent représentées par des épisodes de diarrhée ou de vomissement ou de douleur (1,4% des injections). Un seul cas d’anaphylaxie à été noté.
Le contrôle de la qualité de chaque lot de production est également assuré sur animaux avant de pouvoir être commercialisé : les tests sont réalisés sur souris, cobayes et chats.
Ces derniers reçoivent une double dose de vaccin et ne doivent montrer aucune réaction locale ou générale pendant les 2 semaines qui suivent l’injection.
Enfin, le recul que nous avons nous permet de confirmer l’excellente sécurité du vaccin, puisqu’à ce jour, plus de 3 millions de doses de LEUCOGEN ont été vendues dans le monde.
Conclusion
LEUCOGEN permet donc de protéger contre l’infection par FeLV de façon sûre et efficace :
- primovaccination : 2 injections réalisées à 2-3 semaines d’intervalle, en sous-cutanée, sur des chats âgés de 9 semaines ou plus,
- rappel annuel.
II est conseillé de vérifier l’absence d’infection par le FeLV avant de vacciner les animaux.
Biotechnologie du diagnostique et de la prévention des maladies animales